L’hypnose ericksonienne

L’hypnose , qu’est-ce que c’est ?

C’est un processus thérapeutique caractérisé par un état de la conscience modifiée semblable à celui dans lequel on se trouve lorsque l’on est captivé par l’histoire d’un bon livre.
Le patient n’est ni en sommeil ni en perte de conscience puisqu’il garde sa faculté critique. Il est actif, participe à sa mise en condition de l’hypnose.
Le thérapeute suggère, propose des métaphores dont le patient peut se saisir.

Au fond d’où vient l’hypnose ?

Elle existe depuis la nuit des temps, on en trouve trace il y a 6000 ans en Mésopotamie, puis en Egypte au 3ème siècle. Partout dans le monde, en Europe, Amérique, Afrique, Australie, des sorciers, chamans, druides, prêtres utilisaient des éléments de l’hypnose.

En France c’est Mesmer (1734/1815) au 18ème siècle qui est à l’origine des théories sur l’hypnose avec « le magnétisme animal ».

L’hypnose est utilisée en France jusqu’au début du 20ème siècle.

Quelques noms célèbres :

Charcot qui s’affronte à l’école de Nancy avec le Docteur Liebault et le professeur Bernheim. C’est l’époque où Freud est l’élève de Charcot, puis il se tourne vers l’école de Nancy.

L’hypnose est l’une des premières méthodes utilisée par Freud. Puis il développe le concept de transfert qui permet l’analyse. Il abandonne cette pratique.

N’oublions pas Mr Coué (1857/1926), pharmacien à Troyes.
Je vous invite à lire son ouvrage « La méthode Coué » qui est fondée sur la suggestion positive. Ce n’est pas le « Je vais bien, tout va bien » de Dany Boon à ses débuts, mais savoir que l’idée positive que nous nous suggérons va avoir un effet positif sur notre corps.
Sa renommée dépasse les frontières, mais décrié en France, où il est accusé d’exercice illégal de la médecine ou de charlatanisme, il s’expatrie.
Il a ouvert la voie de la pensée positive et de la visualisation.

« Tous les jours à tous points de vue je vais de mieux en mieux » Emile Coué

En France, après le début du vingtième siècle, la pratique de l’hypnose est abandonnée. Par contre aux Etats-Unis il y a un regain d’intérêt, elle est utilisée pour soigner les névroses résultants de l’exposition à des situations traumatiques (guerres mondiales).

Depuis une trentaine d’année en France, l’hypnose prend un nouvel essor dans le monde de la santé. Celle que l’on pratique dans les soins est issue de l’hypnose ericksonienne.

Milton Erickson (1901/1980) était un psychiatre américain qui a développé l’hypnose à partir de son expérience personnelle. En effet à l’âge de 17 ans il est atteint de poliomyélite et il ne peut bouger que les yeux et les lèvres. C’est par un travail d’hyper concentration et d’observation qu’il récupère sa motricité et ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il se déplace en fauteuil.
Il nous transmet une hypnose suggestive, non directive, où le patient reste libre et autonome.
C’est une technique psychocorporelle utilisée à la recherche de l’amélioration de la qualité de vie. Elle respecte l’autonomie de la personne et l’aide à retrouver ses propres ressources.
C’est une méthode complémentaire basée sur la relation.

En effet comme nous le dit Antoine Bioy, psychologue clinicien, docteur en psychologie, professeur des universités, et responsable du master de psychologie de l’université de Bourgogne et du diplôme inter universitaire hypnose médicale et clinique, « Erickson met la communication au centre de sa pratique de l’hypnose et élabore toute une approche de la pratique hypnotique où la façon «d’être à l’autre», de rentrer en communication avec lui pour le mener à faire l’expérience de l’hypnose, est inédite. Il perçoit l’hypnose comme un état naturel, presque commun, qui constitue un temps pouvant être mis à profit pour réveiller des ressources internes et ainsi surmonter des difficultés rencontrées ». Antoine Bioy. Découvrir l’hypnose

Actuellement, grâce aux avancées en matière d’imagerie médicale et les progrès en neurosciences, les travaux de recherche se font de plus en plus nombreux démontrant de façon scientifique le sérieux de cette méthode.

Mme Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste, professeur au CHU de Liège qui pratique l’hypnose depuis une trentaine d’années a écrit de nombreux articles suite à des travaux de recherche.